Rouler à l’huile

Soirée Rouler à l’huile

La soirée d’information sur l’huile carburant organisée dans la salle du conseil de la mairie de Nocé a attiré 35 personnes.
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La séance a commencé par la lecture de l’introduction de « la Mécanique des fleurs » édité par l’association Roule ma fleur qui prévient le profane que l’utilisation d’huile comme carburant n’est pas de tout repos et demande un engagement certain.

Alex Céalis a fait un point sur l’aspect réglementaire et sur le fait que, après une décennie de flou juridique, la France s’est positionnée sur l’utilisation d’huile carburant : les efforts se concentrent sur la production de biodiesel par estérification d’huile. L’huile végétale pure est quant à elle, autorisée dans des cas très précis. L’huile alimentaire usagée n’est pas considérée comme un carburant.

Laurent Mulowski, ingénieur spécialisé dans l’adaptation de moteurs, a détaillé les différentes options de transformation de moteurs en s’appuyant sur le diagramme « clé HVP » édité par le site référence en la matière www.oliomobile.org

Le chapitre « approvisionnement » a permis d’avoir un aperçu des différentes filières, des principes de production, des quantités produites, ou potentiellement disponibles, en faisant la distinction entre les 3 sources de carburant possible d’un moteur diesel, à savoir le gazole classique, mélangé à du « biodiesel », l’huile végétale pure (HVP) issue du pressage direct de graines oléagineuses et l’huile alimentaire usagée (HAU).
Les aspects environnementaux ont également été abordés.
L’émission de gaz à effet de serre d’une part, sur lesquels l’utilisation de HAU a un très net avantage, car elle permet l’élimination d’un déchet d’une ressource renouvelable peu consommatrice de CO2, surtout sur la collecte et la transformation se font localement.
Les émissions polluantes d’autre part, que l’utilisation d’huile, pure ou usagée, ne semble pas impacter sensiblement, ni dans un sens ni dans l’autre. Pour cette question, les études disponibles sont assez contradictoires et les résultats dépendent beaucoup des technologies de moteurs. Un point reste assez clair, l’émission des NOx ne dépend pas tant du carburant, mais du mode de carburation qui, à haute température comme le nécessite le moteur diesel, implique une réaction chimique avec l’azote de l’air.

Une séquence très concrète a montré des exemples de stations de filtration artisanales et une discussion avec Jean-Charles Pinchon, membre de l’association Courts-Circuits à Alençon qui organise une collecte collective d’huile usagée.

La soirée a été très interactive, les questions-réponses très libres ont fusé tout au long des exposés de manière très décontractée dans la maison commune de la République. Ainsi, François Hollande et les maires successifs de Nocé ont pu apprendre, de marbre, tout ce qu’il faut savoir sur l’huile végétale carburant.

Laurent Mulowski a clôt la soirée en présentant les entrailles d’un camion, garé devant la mairie, qu’il avait équipé d’un système de bicarburation quelques années auparavant.

Catégories : Actualité / Eco-Pertica